Situation politique: Tout sur le plan de Bédié, Gbagbo et Soro pour couler Ouattara

Le plan «tenaille de fer » est en train d’être mis en place par l’opposition conduite par Bédié, Gbagbo et Soro La rencontre de Bruxelles, lourde de symboles, entre Henri Konan Bédié (HKB), président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et Laurent Gbagbo, fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi), ouvre, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020, une grande fenêtre d’opportunités, notamment d’alternance.A quelques 15 mois de l’élection suprême en Côte d’Ivoire, prévue le 31 octobre 2020, l’opposition s’active à mettre un « plan », visant à prendre en tenaille le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), avant de le faire chuter. Conjoncture politique du moment oblige, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, ainsi tous les « anti Rhdp » de Côte d’Ivoire, vont se coaliser. Les pourparlers devraient rentrer dans le vif, entre les trois hommes lorsque Guillaume Soro aura certainement rencontré Laurent Gbagbo. Les trois hauts dignitaires du pays vont d’une seule et même voix. « J’ai trouvé en Laurent Gbagbo, le combattant que j’ai toujours connu. Il est en bonne santé et je crois qu’il a encore des projets pour l’avenir », a laissé entendre HKB, dans l’interview « kamikaze » qu’il a accordée au journal français «  Le Monde » du jeudi 1er août 2019. « Sachez que nous avons décidé de commencer à travailler ensemble sur le terrain… En réalité la plateforme sera signée cette semaine », a indiqué Bédié, ajoutant que Guillaume Soro lui a donné son accord de principe. « Absolument oui, depuis longtemps », a-t-il répondu relativement à l’accord que Soro lui aurait donné.La stratégie consistera en des candidatures éclatées, à l’image de ce qui avait prévalu au Rhdp en 2010 et qui avait eu raison du régime Gbagbo. A la question de savoir si le président du Pdci souhaite que son parti et celui du Fpi partent alliés à l’élection présidentielle de 2020, il a indiqué clairement ce qui sera le schéma. «  Nous n’avons pas parlé de cela mais nous estimons que, dans la perspective de 2020, chaque parti doit avoir un candidat et en cas de second tour, les autres se rangent derrière le mieux placé. C’est la formule qui convient lorsque l’on est plusieurs partis à se présenter… La tentation de la tricherie est telle que l’on peut craindre des élections calamiteuses », a dit le leader du « vieux » parti.Pour le « Sphinx de Daoukro », tout réside donc dans la mise en commun des efforts et des intelligences pour faire échec au Rhdp. Pour l’essentiel, le plan dit « tenaille de fer » de l’opposition prévoit que chaque grand leader s’impose dans sa zone géographique d’influence. Laurent Gbagbo (Fpi) dans l’Ouest, le Sud-Ouest et le Centre-Ouest devrait faire face à Anne-Désirée Ouloto, Albert Mabri Toikeusse, Alcide Djédjé, ou encore Abel Djohoré.Henri Konan Bédié (Pdci) dans le grand Centre, lui, devrait croiser le fer avec les anciens cadres de sa formation politique, notamment Ahoussou Kouadio Jeannot ou encore Charles Koffi Diby. Anaky Kobenan et Azoumana Moutayé (Mfa), Pascal Affi N’Guessan (Fpi) dans l’Est  auront affaire à Pascal Abinan, Kobenan Kouassi Adjoumani. Koulibaly Mamadou (Lider), Aka Ahizi (Pit), Bamba Moriferé ( Rpci), Akossi Bendjo, Yasmina Ouégnin, Danièle Boni-Claverie (Urd) dans le Sud, seront opposés à Robert Mambé Beugré, Adama Bictogo ou encore Daniel Kablan Duncan, Marcel Amon Tanoh.Guillaume Soro dans le Nord et le Centre-Nord devrait avoir fort à faire, face à toute la machine de la République, incarnée par Alassane Ouattara, Amadou Gon Coulibaly. Henri Konan Bédié (25%) et Laurent Gbagbo (38%) totalisaient, à eux deux, 63 % des suffrages exprimés à l’élection présidentielle de 2010, contre 32 % pour Alassane Ouattara, alors candidat du Rassemblement des républicains (Rdr). Alassane Ouattara, dans le cadre du Rhdp, avait bénéficié d’un report de voix, de la part de Bédié, arrivé 3e.Pour 2020, Bédié entend reconduire la stratégie qui a permis à Alassane Ouattara de l’emporter en 2010 et en 2015. Il s’agira de quadriller le pays, en s’appuyant sur le coffre politique des trois grands leaders. Si l’on tient compte du nombre des partis politiques engagés dans ce plan «tenaille de fer» et du poids des personnalités qui incarnent les partis engagés, il y a peu de chance que l’opposition échoue à faire tomber, dans les urnes, le Rhdp en 2020. Alassane Ouattara, qui pensait avoir fait basculer des puissants cadres du Pdci et des autres partis dans son camp dans l’espoir de gagner ou de faire gagner son candidat, devrait trouver un contre-plan pour faire échec à l’opposition. Ça pourrait être une véritable gageure…

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